Programme PAUSE
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Au nom de la liberté académique

Les crises géopolitiques actuelles affectent les libertés académiques de nombreux chercheurs et mettent parfois en péril leur vie et celle de leurs proches. L’université Paris Diderot s'engage dans le programme PAUSE* pour les soutenir. Elle accueille Asena Pala, chercheuse turque, qui effectue une thèse sur le féminisme corporel et la maternité.

 

Pour Asena Pala et de nombreux autres universitaires turcs, tout a commencé en janvier 2016 en soutenant le mouvement : Universitaires pour la paix. « J'ai signé une pétition appelant à la paix dans les zones peuplées de kurdes en Turquie. Notre démarche était de trouver une solution pacifique et de faire cesser les massacres et l’exil forcé qui frappe ce peuple. Nous voulions mettre un terme à la guerre entre l’Etat turc et le mouvement kurde. La pétition a été signée par 2 212 universitaires travaillant dans des établissements d'enseignement supérieur en Turquie ».

Les signataires ont été considérés comme des contestataires au pouvoir en place : « Nous avons fait l’objet d’enquêtes administratives et criminelles, de licenciements, d’interdictions de voyager et finalement, d'emprisonnement. Les institutions d'enseignement supérieur ont également souffert d'une énorme rupture de la liberté académique ».  Dans ce contexte, Asena a dû quitter son pays pour rejoindre la France : « Il m'est impossible de poursuivre mes travaux dans mon pays d'origine, la nature de mes recherches en tant que sociologue et le fait d'être signataire de cette pétition de paix me place dans une position paradoxale d'être jugée pour des accusations de terrorisme ».

Le programme PAUSE permet donc à Asena de poursuivre ses recherches sans se mettre en danger : « Je profite du programme PAUSE pour terminer mon doctorat. L’université Paris Diderot a soutenu ma candidature. J’ai eu la chance d’être encadrée par le personnel académique et administratif très accueillant et serviable ».

Actuellement doctorante dans l'unité de recherche CRPMS, Asena effectue un travail centré sur la relation entre l'expérience corporelle et les récits affectifs féminins. Ne sachant pas de quoi demain sera fait, Asena espère un futur plus serein dans son pays d’origine : « Ce qui se passe ensuite n'est toujours pas clair, mais je souhaite pouvoir retourner dans mon pays, un pays plus paisible et plus libre ».

 

"Ce dispositif avait toute sa place dans notre université qui dispose d'une forte conscience politique explique Antoine Cazé, vice-président chargé des relations internationales. La décision de candidater au programme PAUSE a été prise par le Comité de direction de l’université afin de dégager les fonds nécessaires à l’accueil des scientifiques".

Ce programme est donc un moyen de revendiquer et de défendre les libertés académiques : "La science est libre, internationale, et ne connait pas de frontières. Elle repose sur la collaboration : il est important que toute la communauté de chercheurs puisse parler et échanger librement". 

L'université a pour ambition d'élargir sa capacité d'accueil en permettant à un autre chercheur de travailler au sein de l’établissement : "Nous étudions actuellement le dossier d’une autre doctorante turque, qui pourrait rejoindre le programme au sein de l’université Paris Diderot".

 

*Le Programme national d’aide à l’Accueil en Urgence des Scientifiques en Exil (PAUSE) a été créé en janvier 2017 : il accorde des financements incitatifs aux établissements d’enseignement supérieur et aux organismes de recherche publics projetant d’accueillir des scientifiques en situation d’urgence et les accompagne dans leurs démarches. 

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*Le Programme national d’aide à l’Accueil en Urgence des Scientifiques en Exil (PAUSE) a été créé en janvier 2017 : il accorde des financements incitatifs aux établissements d’enseignement supérieur et aux organismes de recherche publics projetant d’accueillir des scientifiques en situation d’urgence et les accompagne dans leurs démarches. 

 

Laboratoire

Centre de recherches psychanalyse, médecine et société

La médecine en devenant scientifique a profondément remanié ses méthodes, ses principes et ses moyens d’action. Jusqu’à ce tournant, la pratique médicale ressortait d’un type d’actions d’ordre religieux, magique ou sacré.