Valorisation
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De la recherche à l’entrepreneuriat

Deux équipes de chercheurs de Paris Diderot ont été sélectionnées pour participer à la formation à l’entrepreneuriat « Deeptech Founders ». Focus cette semaine sur le projet porté par le laboratoire MSC.

 

Deeptech Founders est une formation à l’entrepreneuriat à destination des chercheurs et des ingénieurs dispensée par des entrepreneurs scientifiques à succès.

Basée sur la pratique, cette formation de quatre mois a pour but d’accompagner des chercheurs et des ingénieurs qui projettent de se lancer dans une aventure entrepreneuriale pour valoriser une technologie qu’ils ont développée. A l’automne 2018, ce sont une vingtaine de projets – soit 80 personnes environ – qui vont y participer, dont deux de Paris Diderot et deux de Paris Descartes, grâce au financement d'USPC via son programme d'accompagnement à la valorisation de la recherche et la SATT Idf Innov.

 

« Une aventure que l’on avait envie de vivre »

Jeanne Volatron et Nicolas Rousseau, membres du laboratoire Matière et Systèmes Complexes (MSC) ont été sélectionnés pour suivre la formation, accompagnés de Florence Gazeau, directrice de recherche.

Comment est né cet intérêt pour le milieu entrepreneurial ? « Il y a un peu plus d’un an, j’ai suivi un peu par hasard une formation sur la valorisation de la recherche par la création d’entreprise, pour ma culture personnelle et pour découvrir le milieu entrepreneurial. Très vite, je me suis aperçue que ça m’intéressait énormément et que c’était une aventure que j’avais envie de vivre », introduit Jeanne Volatron.

A la première lecture, son sujet de thèse - l’étude de l’interaction entre les milieux biologiques et des nanoparticules qui sont utilisées pour le milieu médical - ne se prête pas vraiment à la création d’entreprise. Mais elle discute de son projet avec Florence Gazeau, et, ensemble, elles identifient les technologies à valoriser au sein du laboratoire, et notamment le sujet de thèse de Max Piffoux, co-dirigée par Amanda Brun, Claire Wilhelm et Florence Gazeau : l’utilisation et la production de vésicules extra-cellulaires en médecine régénérative.

Le projet de startup émerge alors, l’équipe répond à des appels à projets, et Jeanne Volatron remporte la possibilité de suivre la formation « Centrale Entrepreneurs »  proposée par CentraleSupélec . C’est pendant ces 40 jours de formation qu’elle rencontre Nicolas Rousseau, ingénieur alors en formation « Centrale Innovation ». « En discutant, on a réalisé combien il serait intéressant d’intégrer dans le projet un profil d’ingénieur. Nous sommes très complémentaires en termes de réflexions et d'outils ». C’est ainsi que l’ingénieur rejoint le projet et l’équipe du laboratoire.

 

Dernière ligne droite avant la création de la startup

Pour Nicolas Rousseau justement, « l’idée maintenant c’est de décoller ». Le projet de startup, la production en grand nombre et rapide de vésicules extracellulaires, est désormais bien rodé. « La formation Deeptech Founders va nous apporter de la solidité sur le projet, l’objectif étant de déposer les statuts à la fin de l’année » complète-t-il.

Du côté de Florence Gazeau, participer à cette formation va lui permettre de véritablement accompagner la création d’entreprise. « Nous avons eu beaucoup de discussions sur le périmètre d’activités de la future startup : est-ce qu’on commercialise directement des vésicules pour telle ou telle pathologie, est-ce qu’on propose un service pour la production, vend-on juste la technologie ? Ce sont ces échanges, entre nous, mais aussi avec la SATT, qui ont permis de définir les contours du projet. Maintenant, l’objectif, c’est d’avoir toutes les clés en main pour se lancer concrètement. »

Florence Gazeau, Nicolas Rousseau et Jeanne Volatron sont accompagnés dans ce projet par Max Piffoux, mais aussi par Amanda Brun, chercheuse au laboratoire MSC et Claire Wilhelm, directrice de recherche au CNRS, et Shony Lemieux, technicienne de laboratoire.

Le projet a par ailleurs reçu l’année dernière le soutien officiel de l’université Paris Diderot, via une action structurante permettant d’acheter un bioréacteur : « Nous allons ainsi pouvoir produire des quantités importantes de vésicules, tout en respectant les exigences réglementaires », précise Amanda Brun.

Cet équipement est situé dans une antenne du laboratoire MSC, en cours d’installation rue des Saint-Pères, où sera très certainement incubée la future startup. « Une partie des recherches sur les vésicules, que l’on réalise avec des collègues de Paris Descartes, sera installée là-bas. C’est un travail collaboratif » complète Florence Gazeau.

 

« Découvrir ce qu’il y a de l’autre côté de la paillasse »

Si, pour Jeanne Volatron, se lancer dans l’entrepreneuriat a été « comme une évidence », ce n’est pas sans nostalgie qu’elle s’apprête à « quitter la paillasse ». Mais elle nuance : « Il y a tellement de choses à découvrir de l’autre côté ! ».

Cela implique néanmoins de « sortir de sa zone de confort », comme le reconnaissent Amanda Brun et Florence Gazeau « On voit la partie réglementaire approcher… C’est sûr, ce sont de nouveaux défis ! Mais nous sommes aussi contents de les voir avancer : c’est qu’on progresse ensemble. »

Le projet de startup : produire à haut débit des vésicules extra cellulaires

On constate depuis plusieurs années un réel intérêt pour la médecine régénérative, la thérapie cellulaire et l’utilisation de cellules souches. Néanmoins, des limites ont été constatées concernant la thérapie cellulaire : les cellules souches peuvent se diviser, se différencier…

Il a été récemment démontré que les vésicules extracellulaires possèdent les mêmes propriétés thérapeutiques que leurs cellules mères sans les risques et inconvénients associés, d’autant qu’elles peuvent être produites par un seul donneur pour plusieurs patients et bénéficient d’une longue durée de conservation après congélation.

Les recherches menées par Max Piffoux ont permis d’identifier une méthode pour produire en grand nombre et de façon rapide des vésicules, ce qui représente un potentiel thérapeutique énorme. Un brevet a été déposé par la SATT Idf Innov pour le compte de l'Université, et c’est sur cette méthode que s’appuiera la future startup.

 

L'équipe au complet :

  • Amanda Brun, chercheuse
  • Florence Gazeau, directrice de recherche au CNRS et directrice adjointe du laboratoire MSC
  • Nicolas Rousseau, ingénieur de formation, en stage au laboratoire MSC
  • Jeanne Volatron, en post-doc au laboratoire MSC
  • Shony Lemieux, technicienne de laboratoire
  • Max Piffoux, doctorant
  • Claire Wilhelm, directrice de recherche au CNRS

 

 

Mots clés >
HRS4R
Laboratoire

Matière et Systèmes Complexes

Le laboratoire « Matière et Systèmes Complexes » (MSC) est une unité mixte de recherche du CNRS et de l’université (UMR 7057).

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Yann Schneider, chargé de la valorisation de la SATT IDF Innov, est votre contact privilégié au sein de l'université Paris Diderot.

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