Rencontre
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Flavien Quijoux, président de l'association Les Cartésiens : Docteurs et Doctorants de Paris

Pourquoi une association de docteurs et de doctorants ?

Les Cartésiens : Docteurs et Doctorants de Paris a été créée en 2010 par Axel Kahn et Michel Vidaud pour créer un maillage entre jeunes chercheurs. Aujourd'hui encore nous sentons le besoin de fédérer les docteurs et doctorants de Paris pour former un réseau qui leur offre un espace de partage et d'interactions privilégiées avec les différents acteurs de la recherche. Le doctorat est une formation d'excellence et le plus haut niveau de diplôme dans le système LMD. Nous souhaitons faire rayonner les compétences et le prestige du PhD à travers nos initiatives.

Quels sont les objectifs aujourd'hui de l'association ? Quelles sont les actions qui vous permettent de les atteindre ? 

Notre principal objectif est de créer un réseau. Celui-ci est constitué de doctorants, de docteurs, d'associations, d'entreprises innovantes, d’institutions publiques, etc. Au travers de ce réseau, les membres et partenaires vont pouvoir échanger, partager et s’entraider. De manière très concrète nous avons quatre pôles d'activités.

Premièrement, nous nous engageons à médiatiser les travaux scientifiques de nos membres. Chaque mois nous organisons avec ACTIF, les SciBeer : rassemblement convivial où un jeune chercheur en LSHS et un autre en sciences biologiques ou fondamentales viennent vulgariser leur sujet de recherche devant un public de docteurs et doctorants aux formations diverses.

Nous aidons également à l'organisation de congrès scientifiques comme le YRLS et avons démarré un projet de publication d'articles de vulgarisation cette année. D'autre part nous facilitons la poursuite de carrière de nos adhérents.

En plus d'être partenaire sur des forums de recrutement comme le PhDTalent Career Fair et le forum BIOTechno, Les Cartésiens organisent chaque mois en collaboration avec Doc'Up, des AfterWorks professionnels durant lesquels plusieurs docteurs d'exception, sortis de la recherche publique, viennent présenter leur parcours. Nos nombreux partenariats nous permettent également de proposer des offres d'emploi ciblées sur les compétences des docteurs. Parce qu'il est important de connaître le secteur privé de l'intérieur, Les Cartésiens possède un réseau d'ambassadeurs dans de nombreuses entreprises recrutant des chercheurs. Ce maillage nous permet d'avoir des contacts privilégiés et de faire connaître les méthodes de recrutement de ces entreprises. L'association accompagne les diplômés et futurs diplômés tout au long de leur carrière, quelle que soit leur spécialité, en leur proposant notamment des ateliers de formation pour les faire progresser dans leur présentation face aux recruteurs. Le troisième pôle de l'association est la représentativité des chercheurs dans les conseils d'administrations et les confédérations. Cela passe notamment par notre soutien à la CJC qui est impliquée dans la reconnaissance et la valorisation du doctorat.

Enfin, nous animons ce réseau de jeunes docteurs par des activités associatives diverses, des tables rondes sur les méthodes de financement de la thèse à la création de rencontres inter-associatives en passant par la présentation de l'association durant les journées de rentrée des doctorants.

Initialement, Les Cartésiens était une association qui s'adressait aux docteurs et doctorants de l'université Paris Descartes. Elle s'est ensuite ouverte aux docteurs et doctorants d'USPC, qu'est ce qu'a apporté ce public nouveau ?

Notre ouverture récente à USPC favorise la diversité qui est l'ADN même de l'association. En effet, depuis sa création Les Cartésiens réunissent LSHS et non-SHS. Nous, doctorants et docteurs de USPC, avons cette chance de travailler dans une région des plus dynamiques où les talents sont multiples. Une vraie émulation naît des échanges entre nos membres aux profils variés. C'est très agréable d’en bénéficier lors des SciBeer par exemple. En rassemblant dorénavant les 9 établissements de la ComUE (Paris 3, Paris Diderot, Paris 13, EHESP, FMSH, Inalco, IPGP, Sciences Po et Paris Descartes), nous favorisons encore davantage ce partage de connaissances. Cette interdisciplinarité vient également avec ces défis, puisqu'il faut proposer des évènements qui intéressent tous nos membres, mais la dynamique qui naît de nos initiatives nous invite à poursuivre dans ce sens.

Au final, les problématiques des jeunes chercheurs, peu importe leur thématique de recherche, sont communes à tous. Les conseils, informations et accompagnements que nous fournissons permettent de souder cette grande communauté qui partage le même diplôme. Ce nouveau public oblige également à adapter son discours et à développer ses compétences de communication. En créant des espaces d'échanges, nous aidons les chercheurs à communiquer auprès d’experts d'autres milieux, ce qu'ils ne pourraient pas faire en restant à l'échelle locale de leur laboratoire ou institut. Ces expériences serviront face à un employeur, qui viendra peut-être d'une des écoles rattachées à l'association par ailleurs. 

Quelles sont les nouveautés et les prochaines étapes pour Les Cartésiens ?

Avec une progression du nombre d'adhérants de +180% en un an, nous sommes heureux de compter plus de 200 adhérents chez Les Cartésiens ! Evidemment, nous ne nous reposons pas sur nos lauriers et prévoyons d'améliorer la qualité, le nombre et la diversité de nos évènements. L'année dernière nous avons réalisé un sondage auprès de nos membres. Il en est ressorti que les jeunes chercheurs souhaitaient plus d'accompagnement autour de la poursuite de leur carrière. Dans cette optique nous allons proposer des ateliers de formation en impliquant nos partenaires, notamment l'AGIR et les réseaux Alumni de Paris Descartes et Diderot. Nous avons aussi dans l'espoir de créer un très grand évènement autour de l'innovation et l'entrepreneuriat dans le courant de l'année 2019. Cet évènement veut correspondre aux compétences expertes des docteurs et doctorants. Pour le moment nous préférons encore limiter la communication autour de ce projet ambitieux.

En attendant, nous souhaitons proposer à nos membres la possibilité de s’impliquer activement dans le développement de l'association pour répondre à leur envie de formation et de développement de leur réseau professionnel. Les Cartésiens partage dorénavant cette possibilité de devenir Coordinateur des actions de l'association. C'est pour nous une étape essentielle pour convertir cette expérience associative en un bénéfice personnel qui pourra être valorisé professionnellement par la suite. L'évolution future de l'association est donc de se rapprocher des services et réseaux Alumni des établissements USPC et de s'intégrer encore un peu plus dans l'écosystème universitaire. Notre objectif n’est pas d’atteindre un nombre astronomique d'adhérents mais bien de proposer un service de qualité en adéquation avec ce que proposent actuellement les établissements parisiens en termes d'accompagnement des docteurs et doctorants.

Un mot pour donner envie aux docteurs et doctorants d'adhérer à l'association ? 

Développez votre réseau ! On ne le répétera jamais assez : il faut commencer au plus tôt à rencontrer et échanger avec des personnes qui peuvent nous aider à évoluer professionnellement. Cette logique est déjà acquise dans les écoles de commerce et d'ingénieurs mais nous voyons que nous devons continuer à faire circuler le mot dans les Universités.

Bien trop souvent, les doctorants attendent la dernière année pour rejoindre l'association car c'est le moment à partir duquel ils se préoccupent de leur poursuite de carrière. Or, un réseau utile pourra se faire seulement si on crée de l'interaction entre les personnes qui le composent. Envoyer un message LinkedIn ou distribuer son CV durant les forums de recrutement n'est souvent pas suffisant pour rentrer dans les processus de recrutement. En discutant avec des personnes occupant des postes qui nous intéressent, en comprenant leur parcours et en multipliant les échanges avec elles, on augmente les chances de passer ces barrières à l'entrée des entreprises. Avec seulement 15% des docteurs entrant dans le secteur publique, il est de fait essentiel de réfléchir à d'autres pistes après la thèse.