Colloque international et interdisciplinaire
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Racisme et discrimination raciale, de l'école à l'université

Du 27 au 29 septembre 2018 le PEFH co-organise un colloque international et interdisciplinaire à l’université Paris Diderot, intitulé Racisme et discrimination raciale, de l’école à l’université.

Il est globalement connu et admis aujourd’hui que le racisme et les discriminations ethniques et raciales structurent divers secteurs de la société française (emploi, logement, etc.). Cependant, certains domaines, comme celui de l’éducation en général, et de l’éducation publique en particulier, demeurent sous-examinés. Ils bénéficient, en effet, d’un a priori qui délégitime ce questionnement, en raison des principes universalistes et égalitaires qu’ils promeuvent et de la réputation de désintéressement des professionnel·le·s qui y œuvrent.
Mais, bien que les institutions scolaires et universitaires affirment des principes de refus du racisme et des discriminations, en lien avec l’énonciation de valeurs fondamentales tenues pour constitutives de leur programme institutionnel, qu’en est-il, en réalité, du racisme et de la discrimination raciale, ainsi que de l’antiracisme et de l’antidiscriminaton dans les espaces scolaire et académique ?

Ce colloque interdisciplinaire et international vise à ouvrir le débat, à partir d’un état des connaissances actualisé de ces questions. De portée internationale, il est cependant particulièrement centré sur l’analyse de la situation dans l’espace national français, comprenant la métropole et les territoires d’outre-mer.
Son objectif principal est de dresser une « cartographie » de ce que l’on sait, ou non, à ce jour, sur les processus de racisme et de discrimination raciale à l’école et dans le monde académique, en prenant en compte leurs articulations avec les autres systèmes de pouvoir et de hiérarchisation sociale. Cette « cartographie » a pour but de permettre de dégager des perspectives pour des programmes ultérieurs de recherche.
Ce colloque vise également à rendre visibles, audibles et discutables publiquement des questions controversées, des travaux méconnus ou peu mis en avant, ainsi que des problématisations laissant leur place aux « savoirs assujettis » (Foucault, 1997 ; Boubeker, 2004).
Il souhaite enfin ouvrir un espace public autour de l’échange et de la confrontation d’analyses, permettant le dialogue entre des points de vue de recherche et des points de vue de l’action, sur ces questions insuffisamment légitimes, malgré leur importance sociale et politique.

Les grands axes du colloque

  1. Que sait-on des expériences et vécus des discriminations et du racisme quotidien dans les divers types d’écoles et d’établissements, dans le public comme dans le secteur privé, de la maternelle au secondaire et dans les universités ou établissements d’enseignement supérieur ? Ceci, tant du côté des publics (élèves, étudiant.e.s, familles) que des agents de ces institutions dans le cadre de leur travail (enseignants, administratifs, syndicats, etc.) ? Comment ces expériences de racisme et de discrimination sont-elles vécues et/ou pensées par les acteurs·rices concerné·e·s, y compris dans leurs articulations avec les rapports de genre, de classe, et les rapports de pouvoir éducatifs ?

  2. Que sait-on des processus systémiques de discrimination ainsi que du racisme en acte dans les champs scolaire et universitaire ? De quels éléments d’objectivation empirique dispose-t-on à ce jour pour attester et documenter cette réalité, pour comprendre son organisation, son fonctionnement et sa dynamique ? Quels contextes, espaces et modes de relation favorisent l’émergence et le développement de processus d’ethnicisa ton, de racisation et de discrimination, ou au contraire, les préviennent voire les empêchent ? Quelles analyses peut-on faire de l’ampleur de ces phénomènes comme de leur fonctionnement dans les espaces et les rapports éducatifs ? Quels sont, de façon connexe, les obstacles pratiques ou concrets à la réalisation d’enquêtes dans ces domaines ?

  3. Que sait-on de l’« héritage » colonial, et/ou des transferts et des circulations (d’imaginaire, d’organisation, de personnels, de pratiques…) entre, d’une part, l’école et l’université coloniales, et, d’autre part, l’école et l’université françaises actuelles ? Dans quelle mesure le racisme et les discriminations raciales contemporaines peuvent-ils être liés à ces expériences historiques, et peut-on y voir des logiques de continuité ou au contraire de discontinuité, et des transformations historiques du racisme et des discriminations au sein de ces institutions et espaces sociaux ?

  4. Enfin, quel est l’état des pratiques et des luttes antiracistes et antidiscriminatoires dans les espaces scolaire et académique ? Quelles sont les formes de résistances mises en œuvre face à ces processus oppressifs, portant sur quoi et avec quels effets ? Quelle analyse peut-on faire, plus largement, de l’action ou de l’inaction scolaire/universitaire, pour réguler ou contrer le racisme et les discriminations ? Et de façon plus spécifique, dans quelle mesure les dispositifs dits de « promotion de la diversité » favorisent-ils la régulation du racisme et des discriminations, ou, au contraire, reproduisent-ils, voire masquent-ils, cette réalité ?