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Enseignantes-chercheuses à l'université et norme masculine de réussite

Dans ce rapport délivré en 2012, Sophie Lhenry, sociologue au Pôle Egalité Femmes Hommes (PEFH), interroge la persistance et la production de normes genrées au cœur de l’institution universitaire de Paris Diderot, milieu pourtant porteur d’un discours égalitariste.

Lors d’une précédente étude réalisée entre 2005 et 2007, l’équipe de recherche, composée à l’époque de Claude Zaidman (†), Dominique Fougeyrollas, Nicole Chartier et Sophie Lhenry, s’était intéressée aux carrières des enseignant·e·s-chercheur·e·s à l’université Paris Diderot dans le but de comprendre les mécanismes qui les animaient.

Cette étude avait notamment permis de mettre en avant l’existence de représentations genrées, productrices d’inégalités. Contrairement aux discours égalitaristes en vigueur, il avait été constaté qu’une grande partie des enseignant·e·s-chercheur·e·s contribuait à véhiculer des stéréotypes sexistes, invoqués en dernier recours pour expliquer les inégalités de carrières entre les hommes et les femmes.

Parallèlement à cette recherche, une vingtaine d’entretiens exploratoires avaient été réalisés auprès d’enseignantes-chercheures de toutes disciplines ayant ou ayant eu des responsabilités importantes au sein de l'université Paris Diderot. Faute de temps et de moyens, ces entretiens n’avaient pas pu être analysés.

A la lumière des publications récentes sur la problématique du genre à l'université et en gardant à l'esprit les conclusions obtenues à partir de la précédente étude, les entretiens ont finalement été analysé par l’équipe du Pôle Egalité Femmes Hommes de Paris Diderot.

Ces dix dernières années, les recherches sur la place des femmes dans le monde académique se sont en effet sensiblement développées. Les études quantitatives sur ce thème font principalement ressortir deux constats : la déperdition des femmes à mesure que l’on avance dans la hiérarchie des enseignements et des statuts, et le caractère apparemment sexué des disciplines universitaires.

Des études qualitatives ont par ailleurs permis de rendre compte d’un certain nombre de facteurs à l’origine de ces ségrégations horizontales et verticales, dont notamment :
 1. La socialisation différentielle à laquelle sont soumis hommes et femmes depuis l’enfance qui produirait des attentes et des stratégies de carrière différentes
 2. La division sexuelle du travail et la conciliation famille/carrière rendue difficile pour les femmes en raison de leur prise en charge quasiment exclusive de l’univers domestique
 3. Les résistances de l’institution, qui serait elle-même productrice de normes genrées à l’origine de discriminations.

En s’appuyant plus particulièrement sur ce dernier point, il est possible de se demander comment les femmes participent à la production institutionnalisée de normes genrées.
Ainsi, à partir d’entretiens, ce rapport s’intéresse aux femmes ayant « réussi » dans le milieu académique, aux femmes qui sont au cœur de l’institution universitaire. Il pose ainsi la question : comment ces femmes font-elles pour réussir ?

> Consultez les résultats du rapport : PDF iconLes enseignantes-chercheuses à l’université et la norme masculine de réussite (434.41 KB) ( -435  Ko)

 

Le pôle Egalité Femmes Hommes

Paris Diderot est l'une des universités pionnières de l'égalité femmes hommes. Elle a créé un service dédié, le Pôle égalité femmes hommes, qui mène des actions sur le terrain à destination des étudiants et des personnels.
Colloque international

Les femmes dans le monde académique

Les recherches sur la place des femmes dans le monde académique se sont sensiblement développées ces dix dernières années. Ce colloque souhaite actualiser les données chiffrées sexuées et identifier les obstacles persistants aux carrières féminines.