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Jérémie Rolle, ingénieur de recherche

Diplômé en 2008 d'une licence de Physique, Jérémie découvre lors de son stage de master 1 la physique des plasmas. Aujourd'hui docteur, il est ingénieur de recherche chez Total aux Etats-Unis. Il évoque son parcours et le choix de l'étranger.

Quel a été votre parcours à l’université Paris Diderot ?

Après deux années de classes préparatoires scientifiques, j’ai poursuivi mon cursus à l’université Paris Diderot, où j’ai obtenu une licence et une maîtrise de Physique. C’est une solide formation généraliste en Physique fondamentale et appliquée.

Lors de mon stage de maîtrise, effectué au sein du laboratoire de Physique des plasmas, à  l’Ecole Polytechnique, j’ai pu découvrir et travailler dans le domaine des plasmas astrophysiques. J’ai étudié l’interaction du vent solaire avec la magnétosphère terrestre aux moyens de simulations numériques. Cela m’a beaucoup plu et m'a aidé à déterminer le domaine vers lequel m’orienter ensuite. Cela serait la physique des plasmas !
J’ai donc postulé au sein du master « Science des plasmas et de la fusion » cohabilité entre autres par l’université Pierre et Marie Curie, l’Ecole Polytechnique et l’INSTN.  J’y ai acquis de solides compétences scientifiques et technologiques concernant les milieux ionisés par des approches théoriques, de simulations et d’expérimentation.  

A l’issue de mon stage de master 2, réalisé au Commissariat à l’Energie Atomique (CEA), j’ai obtenu une bourse du CEA pour préparer une thèse de doctorat à l’interface entre la Physique des plasmas et l’optique non-linéaire.  
Mes travaux de recherche s’inscrivaient dans le cadre de la construction du LaserMégaJoule (LMJ). Ce laser doit permettre de valider les simulations numériques d’essais nucléaires, dans le cadre du projet « simulation ». En outre, ce laser serait aussi à la disposition de la communauté scientifique civile internationale et constituerait un outil privilégié pour la démonstration de la faisabilité de fusion thermonucléaire contrôlée ou encore permettrait de repousser les limites de la connaissance en matière notamment d’astrophysique.

Que faites vous aujourd’hui ? En quoi cela consiste-t-il ?

Je travaille actuellement dans le secteur pétrolier au sein du département recherche de la division Exploration & Production d’un grand groupe pétrolier aux Etats-Unis.

L’exploration pétrolière ayant déjà commencé depuis plus d’un siècle, les zones à explorer sont fortement hétérogènes et très souvent difficiles d’accès. Le développement de logiciels d’imagerie sismique 3D de plus en plus performants est donc un enjeu majeur pour la prospection pétrolière.

Je contribue au développement et à l’optimisation de codes de calcul 3D d’imagerie sismique. L’objectif final est de délivrer une cartographie du sous-sol terrestre exploré avec un haut niveau de résolution. Cette carte géologique constitue un outil puissant d’analyse afin d’identifier des foyers pétrolifères mais aussi d’alerter sur de possibles erreurs de quantifications de réserves d’hydrocarbures présentes dans la zone explorée.
Je m’intéresse également en parallèle aux applications Big Data dans le secteur du pétrole pour notamment comprendre comment tirer parti de ces technologies pour prévoir les flux de production, de stockage ou de consommation de pétrole et de gaz d’une plateforme pétrolière.

Que vous a apporté l’université Paris Diderot ?

La formation que j’ai reçue à Paris Diderot a été excellente. Les cours, dynamiques et interactifs, sont dispensés par des professeurs et chercheurs d’envergure internationale, qui abordent les sujets les plus complexes avec une clarté remarquable. J’ai aussi beaucoup apprécié leur disponibilité et leurs encouragements. En outre, les stages sont une bonne occasion de se confronter au travail en équipe et au monde de la recherche académique.
Mais, il n’y pas que la physique parmi mes souvenirs durant mon passage à l’université Paris Diderot. J’y ai fait la rencontre de camarades brillants(es) et sympathiques dont certains sont restés des amis.
Je suis fier de mon passage à l’université Paris Diderot et reste très reconnaissant de tout ce qu’elle m’a apporté. De plus, l’environnement est convivial et agréable avec notamment la proximité de la bibliothèque François Mitterrand, où je me rappelle avoir passé du temps à réviser mes partiels et à refaire le monde avec quelques camarades.

Comment s’est fait le choix de l’étranger ?

J’ai toujours souhaité, après l’obtention de mon doctorat, partir à l’étranger. C’était un objectif. Il est aussi vrai que mon choix a été motivé par une meilleure reconnaissance du doctorat à l’étranger et plus singulièrement aux Etats-Unis. Au-delà l’aspect de reconnaissance, je souhaitais vivement enrichir mon parcours professionnel par une expérience significative à l’international et développer mon réseau professionnel également. Enfin, je souhaitais découvrir et me confronter à une nouvelle culture.

Quelles différences observez-vous par rapport au monde du travail en France ?

Les salaires sont plus attractifs. En moyenne dans le secteur de l’énergie, le revenu moyen en début de carrière pour un docteur dans une grande compagnie pétrolière est 3 à 4 fois supérieur à ce qu’on pourrait espérer gagner en France. Toutefois, même si les salaires peuvent paraître très élevés de prime abord, on doit assurer sa propre couverture médicale - la santé coûte excessivement chère aux Etats-Unis - et se constituer sa propre retraite qui se fait généralement par capitalisation via des fonds de pension. Globalement, les salaires restent compétitifs.
Aux Etats-Unis, le taux horaire hebdomadaire est de 40h mais il n’est pas rare de travailler 60h. On dispose également de 15 jours de congés annuels.
Le rapport hiérarchique est moins formel qu’en France : les américains, quel que soit le niveau hiérarchique, s’appellent par leur prénom et il n’est pas rare d’aller déjeuner avec son manager.
La communication américaine est plus directe. Le feedback, positif ou négatif est aussi primordial. La sphère professionnelle est beaucoup moins étanche qu’en France. On parle assez librement de son week-end et de ses vacances entre collègues. Poser des questions personnelles serait interprété en France comme un manque de discrétion, alors qu’aux Etats-Unis cela est plutôt considéré comme un rituel de bienvenue.

Un conseil aux autres diplômés qui souhaiteraient suivre votre parcours ?

Se fixer des objectifs élevés mais raisonnables au regard de ses capacités et se donner les moyens de les atteindre.
Ne jamais hésiter à solliciter les professeurs qui sont toujours de bons conseils et multiplier les échanges : je me rappelle très bien d’un doctorant en astrophysique qui m’avait aidé à trouver un stage de licence. Par ailleurs, il était aussi chargé de TD pour mon cours de maths. En échangeant avec lui sur son parcours et ses différentes expériences, rétrospectivement je pense qu’il a eu une influence indéniable sur mon parcours !

Une anecdote ou un souvenir marquant de votre passage à l’université Paris Diderot ?

Le concours du meilleur poster de licence organisé à chaque rentrée de septembre.
Je ne sais pas si ce concours existe toujours, mais j’avais trouvé que c’était une belle initiative de vulgarisation scientifique.

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